Les freins à l'intégration des TIC

Publié le par marie claire nzessi

Facteurs défavorisant l’intégration des TIC dans l’enseignement secondaire

 

Il existe quelques difficultés susceptibles de freiner le processus d’intégration des TIC dans l’enseignement. En effet, plusieurs motifs expliqueraient l’insuccès de l’implantation des TIC dans certains milieux scolaires, car l’introduction des TIC à l’école est sujette à des contraintes de toutes sortes. On peut identifie des contraintes socioéconomiques, géographiques. Parmi les questions dont on devrait se préoccuper, il y aurait d’abord, celle de l’infrastructure indispensable à l’introduction de la technologie, puis, celle des ressources humaines nécessaires à la mise en oeuvre des applications de la technologie et, enfin, celle de la conception des programmes d’enseignement ou d’utilisation des TIC (Dagada, 2005). Selon de nombreux auteurs (Leclerc, 2003; Fullan, 2001), l’intégration des TIC en éducation est confrontée aux problèmes organisationnels, administratifs, humains, pédagogiques, de formation en TIC, d’information, de soutien technique, financiers et technologiques (Shafika et Al., 2005).


Les problèmes de planification et d’organisation

 

Sur le plan organisationnel, administratif et humain, il semblerait que les barrières qui limitent l’intégration des TIC à l’école concernent l’absence de vision et de planification stratégique dans ce processus (Shafika, Broekman et Mogale, 2005; Bibeau, 1999). En outre, l’improvisation, le spontanéisme et la précipitation conduiraient à l’achat du matériel inapproprié et de mauvaise qualité. Les études relèvent que les décisions sont parfois prises sans coordination, ni concertation entre les secteurs et sans mobilisation de l’équipe école, ce qui aboutirait à un éparpillement des efforts. Pourtant, l’implantation des TIC à l’école nécessiterait, outre la mise en valeur des ressources humaines, le développement des capacités suffisantes pour concevoir, installer, maintenir et utiliser les nouvelles infrastructures et applications des TIC, et pour favoriser l’accès aux TIC des zones rurales, enclavées ou éloignées.

 

 

L’insuffisance et le manque d’infrastructure adaptés

 

Parmi les questions dont on devrait se préoccuper et qui entravent le processus d’intégration des TIC à l’école, nombre d’auteurs (Shafika, Broekman et Mogale, 2005) mentionnent le manque d’outils, la logistique inopérante, l’insuffisance ou le défaut d’infrastructure technologique. En fait, il n’existerait pas dans la plupart des États africains et au Cameroun en particulier un potentiel infrastructurel apte à accueillir la connexion, à assurer une couverture nationale, et à supporter les coûts (Selinger, 2001). La plupart des pays africains seraient confrontés à l’accès limité aux TIC du fait de la cherté des installations, de l’utilisation et de l’entretien des infrastructures nécessaires, mais aussi à cause du manque d’expertise locale et des médiocres connaissances informatiques des groupes d’utilisateurs. L’absence d’équipements technologiques appropriés serait de nature à compromettre le déploiement pédagogique des TIC dans les institutions d’enseignement. Les TIC butteraient donc sur le manque d’infrastructures comme la pénurie de ligne téléphonique ou le réseau de télécommunications indigent, disparate, inadéquat et obsolète (Bakhoum, 2002), la fluctuation des tensions électriques, les délestages et pannes d’électricité récurrentes, les infrastructures technologiques limitées, le manque de maintenance du matériel technologique existant, les routes en piteux état, etc. Mais les équipements ne sont pas le seul problème des TIC.

 


La non préparation des acteurs du système éducatif

 

L’innovation bouscule les habitudes, les routines et suscite des craintes. Bien plus, les échecs de plusieurs innovations s’expliqueraient principalement par le fait que la dimension humaine a été négligée (Shafika, Broekman et Mogale, 2005).

 

Certaines études comme celles de (Depover, 2005; Sasseville et Karsenti, 2005) relèvent que les croyances des enseignants jouent un rôle fondamental dans l’adoption ou le rejet de l’innovation que constitue l’intégration des technologies.

 

L’isolement des enseignants qui manquent de soutien et d’accompagnement de la direction et de l’équipe-école favorise la diffusion de l’idée selon laquelle les TIC ne sont qu’une mode passagère, et n’auraient pas de véritables applications pratiques en éducation. Le manque de formation et de temps requis pour apprendre comment utiliser les technologies et pour développer les cours appropriés dans l'enseignement seraient des obstacles redoutables pour les institutions d'enseignement qui prévoient adopter ou intégrer les TIC dans leur pratique éducatives (Dagada, 2005). L’intégration des TIC à l’école dans le contexte camerounais suppose donc que divers obstacles soient surmontés. Cela nécessite dans une certaine mesure, une bonne connaissance des divers facteurs de réussite et la nécessité d’une nouvelle vision des TIC.

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